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Chien qui s'ennuie : comment le reconnaître et que faire

Doug

Auteur

Doug

Temps de lecture

6 minutes

Chien brun allongé sur le sol à l'intérieur, museau posé à côté d'un jouet

Un chien qui s'ennuie est un chien dont la journée ne demande aucune attention : il a de la place, de la nourriture et parfois même une sortie, mais rien qui l'oblige à chercher, flairer ou résoudre quelque chose. Les signes les plus fiables sont des destructions dispersées, des aboiements sans déclencheur, un léchage ou un mordillement répétitifs, une sollicitation permanente, et de longues phases de sommeil coupées d'agitation. La réponse tient rarement dans « plus de marche » : c'est le travail mental qui manque. Mais avant d'ajouter des jeux, il faut vérifier une chose — si ces comportements n'apparaissent qu'en votre absence, il ne s'agit probablement pas d'ennui, et la solution est différente.

Reconnaître un chien qui s'ennuie

L'ennui se voit surtout quand vous êtes là. Le chien vient poser sa tête sur vos genoux toutes les dix minutes, apporte un jouet puis l'abandonne, tourne, soupire bruyamment, va chercher un objet interdit et attend votre réaction. Ce dernier point est important : un chien qui s'ennuie cherche souvent une conséquence, même négative, parce qu'elle est plus intéressante que rien.

Les signes à observer sur une semaine :

  • des destructions éparpillées dans le logement, à des moments variables, y compris quand vous êtes présent ;
  • des aboiements ou des gémissements qui démarrent sans que rien ne se passe dehors ;
  • un chien qui creuse, gratte le sol ou déplace ses jouets sans jouer avec ;
  • un léchage insistant des pattes ou du sol, ou un mordillement de tissus, qui revient chaque jour ;
  • une excitation disproportionnée dès qu'un événement arrive : la sonnette, les clés, un bruit dans la cage d'escalier.

Un chien calme n'est pas forcément un chien qui s'ennuie : ce qui doit alerter, c'est le sommeil suivi d'une agitation qui ne débouche sur rien.

Ennui, anxiété de séparation, manque d'exercice : trois problèmes distincts

On les confond en permanence, et c'est ce qui fait échouer la plupart des tentatives : on augmente la durée des balades alors que le problème est ailleurs.

L'ennui

Il est présent que vous soyez là ou non, et s'améliore dès qu'on ajoute des activités qui demandent de la concentration. C'est le seul des trois que vous pouvez traiter seul.

L'anxiété de séparation

Elle est déclenchée par le fait d'être laissé seul. Les comportements liés à la séparation apparaissent avant le départ ou dans les premières minutes qui suivent, en général dans la demi-heure. Beaucoup de chiens la supportent mal sans rien en laisser paraître, d'où l'intérêt de filmer le chien en votre absence plutôt que de deviner : trembler, saliver, refuser de manger ou se blesser sont des signes de détresse, pas d'ennui.

La distinction est décisive parce que la conduite à tenir n'est pas la même. Un chien anxieux à qui on laisse simplement un jouet de plus reste anxieux. Deux règles ne souffrent aucune exception : ne jamais punir le chien à votre retour, et ne pas laisser « pleurer » un chien seul pour qu'il s'habitue. Si vous reconnaissez ce tableau, parlez-en à votre vétérinaire, qui pourra vous orienter vers un comportementaliste — c'est un travail qui se construit, pas un conseil qui se lit.

Le manque de dépense physique

Il concerne surtout les chiens jeunes et les races sélectionnées pour travailler, et se reconnaît à une énergie haute toute la journée, sans la recherche d'attention propre à l'ennui. Là, allonger et intensifier les sorties fonctionne.

Ce qui occupe réellement un chien

Trois activités demandent au chien un effort qu'il ne peut pas fournir en tournant dans le salon.

Le flair. Chercher une odeur mobilise l'attention d'une façon qu'aucun jeu de lancer ne reproduit. Concrètement : cachez cinq morceaux de nourriture dans une pièce pendant qu'il attend derrière une porte, puis laissez-le entrer. Commencez par des cachettes visibles, compliquez ensuite. Dix minutes suffisent pour commencer.

La mastication. Mâcher longuement est une activité apaisante pour beaucoup de chiens. Choisissez un objet adapté à sa taille et à sa force de mâchoire, et demandez conseil à votre vétérinaire pour les os et les bois, qui présentent des risques de fracture dentaire selon leur dureté.

La recherche alimentaire. Remplacer la gamelle par un tapis de fouille, une bouteille percée ou un jouet distributeur transforme trois minutes de repas en quinze minutes de travail. C'est le changement le plus simple à mettre en place, et souvent le plus visible dès la première semaine.

La stimulation mentale compte d'ailleurs autant que l'exercice physique, et des jouets adaptés préviennent une partie des comportements destructeurs.

Quand la balade est écourtée : pluie, hiver, journées courtes

À l'automne, beaucoup de sorties se réduisent à un tour du pâté de maisons expédié sous un parapluie. C'est là que l'ennui s'installe, parce qu'on retire au chien la partie la plus riche de sa journée. Une balade n'est pas qu'une dépense de calories, et ce qu'une balade apporte au-delà de l'exercice disparaît quand on la raccourcit.

Le compromis qui fonctionne : une sortie plus courte mais lente. Vingt minutes pendant lesquelles vous laissez le chien renifler à son rythme, sans tirer sur la laisse, le fatiguent davantage que quarante minutes de marche rapide en ligne droite. Choisissez un trajet différent une fois sur deux — les odeurs nouvelles font le travail à votre place.

À l'intérieur, alternez : un jeu de recherche le matin, un objet à mâcher l'après-midi, cinq minutes d'apprentissage le soir. Trois séances courtes valent mieux qu'une longue.

Le besoin social, qu'aucun jeu ne remplace

Un chien peut avoir jouets, balades et tapis de fouille, et manquer de contacts avec ses semblables. Le jeu entre chiens sollicite des compétences qu'un humain ne peut pas imiter : lecture des signaux, ajustement de l'intensité, alternance des rôles. C'est une des raisons pour lesquelles les balades canines en groupe fatiguent tant les chiens qui y participent.

Encore faut-il trouver ces rencontres, ce qui est le vrai obstacle en ville. C'est le problème que l'application Doug cherche à résoudre, en permettant de repérer des maîtres et des chiens compatibles près de chez soi pour organiser des sorties communes. Un club canin, un parc à chiens ou deux voisins réguliers remplissent la même fonction : l'essentiel est la régularité, pas l'outil.

Ce qui ne marche pas

  • Punir les dégâts après coup. Le chien n'établit pas le lien avec un acte commis plus tôt ; vous obtenez de la crainte, pas une correction. Féliciter les bons comportements plutôt que punir donne des résultats plus durables.
  • Multiplier les jouets en libre accès. Un jouet toujours disponible cesse d'être intéressant. Faites tourner un petit nombre d'objets et rangez les autres.
  • Compter sur la télévision ou la radio seules. Un fond sonore peut rassurer, il n'occupe pas.
  • Répéter le lancer de balle. Il dépense de l'énergie sans solliciter l'odorat ni la réflexion : utile en complément, insuffisant seul.

Quand consulter

Prenez rendez-vous chez votre vétérinaire si les comportements sont apparus brutalement, s'ils s'accompagnent d'un léchage jusqu'à la lésion, d'une perte d'appétit ou d'un changement de propreté, ou si votre chien se blesse lorsqu'il est seul : un changement de comportement peut avoir une cause médicale, et seul un examen permet de l'écarter. Pour un travail de fond, un éducateur canin ou un comportementaliste vous fera gagner des mois.

Source consultée

RSPCA — Separation-related behaviour in dogs
social

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