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Mon chien grogne : ce qu'il dit, et pourquoi le punir se paie plus tard

Doug

Auteur

Doug

Temps de lecture

6 minutes

Gros plan sur un chien qui grogne en montrant les dents, en extérieur

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Un chien qui grogne ne vous menace pas, il vous prévient. Le grognement est un signal de distance : il annonce que quelque chose est en train de se produire que le chien voudrait voir cesser, et il l'annonce avant de passer à autre chose. C'est exactement pour cette raison que le réflexe le plus répandu, gronder le chien pour le faire taire, est aussi le plus coûteux. Il fait disparaître la phrase, pas ce qui l'a provoquée.

Le grognement est une phrase, pas une faute

On se représente souvent l'agressivité comme un interrupteur : un chien serait gentil, puis d'un coup dangereux. Entre s'écarter discrètement et mordre, il existe pourtant toute une gamme de comportements dont le chien dispose pour dire qu'il n'est pas à l'aise : se figer, retrousser une babine, grogner, claquer des dents dans le vide. Le grognement se situe déjà assez loin dans cette gamme. Ce n'est pas le début de quelque chose : c'est un avertissement tardif, à un cran du claquement de dents.

Un chien qui grogne vous rend donc service : il vous laisse le temps de retirer votre main ou d'arrêter ce que vous faisiez. Le problème n'est jamais le grognement, c'est la situation qui l'a rendu nécessaire.

Pourquoi un chien ne grogne presque jamais sans raison

« Il grogne sans raison » est une phrase très fréquente, et presque toujours inexacte : la raison existe, elle est simplement arrivée plus tôt, sous une forme que personne n'a lue.

Avant de grogner, un chien mal à l'aise émet une série de signaux nettement plus discrets : il détourne la tête, se lèche la truffe alors qu'il n'a rien mangé, bâille sans être fatigué, se fige une seconde, regarde de côté en laissant voir le blanc de l'œil, plaque les oreilles. Cela dure parfois moins d'une seconde et passe inaperçu pendant un brossage ou une séance de câlins.

Quand ils ne produisent aucun effet, le chien monte d'un cran. Le grognement, c'est le moment où il passe d'un registre visuel, que nous ne regardions pas, à un registre sonore, que nous ne pouvons plus manquer. Il n'est pas soudain : il est simplement la première marche que nous percevons.

Quatre situations que « mon chien grogne » recouvre

La même vocalisation ne dit pas la même chose selon le contexte, et n'appelle pas la même réponse. Identifiez d'abord laquelle de ces quatre scènes vous avez sous les yeux.

Le grognement pendant le jeu

Celui-là n'est pas un avertissement, et c'est le plus souvent confondu avec les autres. Il accompagne un corps souple, des mouvements amples et un peu exagérés, des pauses régulières, des rôles qui s'inversent (le chien poursuit, puis se laisse poursuivre). Le test le plus simple : interrompez trois secondes. S'il revient en réclamer, c'était du jeu. Les mêmes indicateurs servent à évaluer les signes d'un jeu réciproque entre chiens.

Le grognement devant une ressource

Un os, un jouet, un objet volé, parfois un endroit (le canapé, le panier) ou même une personne. Le message est précis : ne t'approche pas de ça. La pire réponse consiste à retirer l'objet de force pour montrer qui décide, parce qu'elle enseigne exactement ce que l'on voulait éviter : une main qui approche annonce une perte. À la place, on échange : on propose mieux, on laisse le chien lâcher de lui-même, et on lui rend parfois l'objet.

Le grognement quand on le touche ou qu'on le déplace

Brossage, manipulation des pattes ou des oreilles, chien que l'on pousse pour qu'il descende du lit, chien que l'on réveille. Ici, une cause physique doit être envisagée en premier, d'autant plus si le grognement est nouveau chez un chien qui l'acceptait la semaine précédente : une douleur articulaire, une otite, une dent abîmée rendent irritable n'importe quel animal. Un changement soudain est un motif de consultation, pas un problème d'éducation.

Le grognement quand une personne ou un chien approche

Là, le chien demande de la distance parce que l'approche l'inquiète ou parce qu'elle le frustre, et ces deux moteurs ne se traitent pas de la même façon. C'est le même carrefour que pour les aboiements en promenade, où il faut d'abord distinguer un chien frustré d'un chien qui a peur avant de choisir quoi que ce soit.

Pour un chien que les croisements mettent mal à l'aise, une balade organisée avec un chien déjà connu, sur un terrain large où chacun peut s'écarter, n'a pas grand-chose à voir avec un face-à-face sur un trottoir d'un mètre cinquante. C'est ce que permet une application comme Doug, qui met en relation des maîtres pour marcher à deux.

Pourquoi punir un grognement se paie plus tard

Le conseil « ne punissez jamais un grognement » circule partout, rarement accompagné de son mécanisme. Le voici. Punir fonctionne, à court terme : le chien qui se fait gronder, secouer par la peau du cou ou plaquer au sol après un grognement apprend vite que grogner attire des ennuis, et il cesse de grogner. Mais rien de ce qui l'inquiétait n'a changé. L'émotion est intacte, seul l'avertissement a disparu.

La suite est mécanique. La prochaine fois que la situation se reproduit, le chien émet ses signaux discrets, qui restent invisibles comme avant, puis saute la marche qu'on lui a interdite et passe directement à celle du dessus : le claquement de dents, ou la morsure. C'est ainsi que naissent les chiens qui « mordent sans prévenir ». Ils prévenaient. On leur a appris à ne plus le faire. Le principe est le même que pour le chien qui saute sur les gens, quand on supprime le geste sans traiter ce qui l'entretient : il revient ailleurs, sous une forme moins commode.

Il y a un second coût, immédiat celui-là. Un chien qui grogne se sent déjà en difficulté : ajouter une menace venant de son propre maître à cet instant précis peut faire monter la réaction d'un cran.

Que faire dans les dix secondes qui suivent

Sur le moment, l'objectif n'est pas d'éduquer, il est de faire retomber la tension. Retirez votre main, redressez-vous lentement, cessez de fixer le chien dans les yeux, reculez d'un pas ou deux, parlez peu et calmement. Si un objet est en jeu, laissez-le où il est.

Vient alors l'objection qui bloque beaucoup de propriétaires : en reculant, est-ce que je ne récompense pas le grognement ? Si, et c'est précisément l'effet recherché. Un chien dont l'avertissement fonctionne n'a aucune raison d'aller plus loin ; c'est quand il ne produit rien qu'il faut escalader pour se faire entendre. Ce que vous voulez éviter, ce n'est pas que le grognement marche, c'est d'en avoir besoin trois fois par semaine.

Le vrai travail commence après, à froid. Notez la scène pendant qu'elle est fraîche : où, avec qui, et surtout ce qui se passait dans les cinq secondes précédentes. Au bout de quelques épisodes, un motif se dessine presque toujours, et c'est lui que l'on modifie.

Quand consulter sans attendre

Quatre cas justifient un avis rapide plutôt qu'une période d'observation : un grognement qui apparaît chez un chien adulte sans qu'aucune habitude ait changé, un grognement déclenché par le toucher, un grognement dirigé vers un enfant, et toute séquence qui progresse d'une semaine à l'autre.

L'ordre compte : d'abord un vétérinaire, pour écarter une cause douloureuse, ensuite un professionnel du comportement si rien n'est trouvé. Intervenir tôt est bien plus simple que de rattraper un comportement installé, y compris chez un chien qui n'a encore fait que grogner.

Source consultée

RSPCA, Aggression in dogs
social

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