|

Mon chien ne revient pas quand je l'appelle : trois causes, trois réponses

Doug

Auteur

Doug

Temps de lecture

6 minutes

Un maître entraîne son chien de berger dans un champ herbeux, à quelques mètres de lui.

Trouvez avec qui promener votre chien

Doug réunit les maîtres du quartier pour des balades en groupe. Gratuit.

Un chien qui ne revient pas n'est presque jamais un chien qui désobéit. Presque toujours, l'une de ces trois choses s'est produite : le mot de rappel n'a jamais été appris ailleurs qu'à la maison, il a fini par annoncer la fin des bonnes choses, ou le chien est lancé derrière quelque chose et n'écoute plus. Les trois se réparent, mais pas avec les mêmes gestes, et les confondre est la raison pour laquelle on refait le même exercice pendant des mois sans rien voir bouger.

Trois situations derrière un rappel qui échoue

Le mot n'a jamais quitté la maison

Un chien qui accourt dans le couloir et ignore le même mot au parc n'a rien oublié : il n'a jamais appris que ce mot valait dehors. Le chien apprend par contexte, et un signal travaillé dans un salon silencieux ne se transporte pas tout seul dans un pré plein d'odeurs. Le signe est net : la réussite est excellente à la maison, correcte dans le jardin, et s'effondre dès qu'il y a de l'herbe haute et d'autres chiens. Ce n'est pas un défaut de motivation, mais un apprentissage inachevé.

Le mot annonce ce que le chien n'aime pas

Deuxième cas, le plus fréquent chez les chiens qui « ont su revenir ». On appelle pour remettre la laisse, pour rentrer, pour quitter la flaque, pour interrompre un jeu qui commence à peine. Au bout de quelques semaines, le chien a fait le calcul : ce mot prédit la fin de la balade. Le signe est différent du précédent : le chien lève la tête, vous regarde, puis repart. Il a entendu, et il a arbitré.

Le chien est déjà en pleine poursuite

Le troisième cas est le moins accessible à la parole. Dans un essai de terrain mené sur soixante-trois chiens adressés à des éducateurs pour des problèmes de comportement en liberté, la grande majorité l'étaient pour des courses-poursuites : derrière un troupeau de moutons le plus souvent, mais aussi des chevaux, des lapins, des écureuils, des voitures ou des joggeurs. Près de la moitié des propriétaires décrivaient le comportement comme systématique. La poursuite n'est donc pas une exception chez les chiens qu'on finit par confier à un professionnel, c'est le motif dominant. Une fois la séquence engagée, le chien est absorbé par une chaîne de comportements qui se nourrit d'elle-même, et un mot lancé à trente mètres n'a plus rien à lui opposer.

Pourquoi le mot de rappel perd sa valeur

Le mot de rappel n'est pas un ordre, c'est une prédiction. Sa valeur pour le chien, c'est la moyenne de ce qui a suivi les fois précédentes, et cette moyenne monte ou descend à chaque sortie sans que personne ne le décide.

Répéter le mot le vide

« Volt ! Volt ! VOLT ! » Chaque appel resté sans retour et sans suite enseigne l'inverse de ce qu'on voulait : ce mot peut être ignoré sans conséquence. À force, il devient un bruit de fond de la balade. La règle pratique tient en une phrase : on appelle une fois, et si le chien ne vient pas, on va le chercher au lieu d'appeler une deuxième fois.

Ce qui suit le retour compte plus que ce qui le précède

Gronder un chien qui vient enfin de rentrer, même après dix minutes de course derrière lui, est contre-productif pour une raison mécanique : il ne relie pas la réprimande à sa fugue, terminée depuis longtemps, mais à la dernière chose qu'il a faite, revenir vers vous. C'est la façon la plus rapide de détruire un rappel qui tenait encore. Le retour se paye, à chaque fois, et généreusement au début.

Ce que montre une comparaison de méthodes

Ces soixante-trois chiens ont été répartis en trois groupes de vingt et un et suivis cinq jours, à raison de deux séances courtes par jour, soit une demi-heure quotidienne environ et cent cinquante minutes au maximum sur la semaine. Un groupe travaillait au collier électronique, un deuxième avec les mêmes éducateurs mais sans stimulation, un troisième avec d'autres éducateurs, au renforcement positif, signal verbal et nourriture à l'arrivée.

La comparaison la plus solide est celle des deux premiers groupes, puisqu'ils partageaient les mêmes éducateurs à la même période : le collier n'a rien apporté, avec un retour dès le premier appel dans 71 % des cas, contre 72,4 % sans stimulation. Le groupe au renforcement positif faisait mieux que les deux autres, 82,5 % et une réponse légèrement plus rapide, mais il travaillait avec d'autres éducateurs et quatre mois plus tard, à une autre saison : cet écart-là mesure autant la différence entre deux équipes que celle entre deux méthodes, et les auteurs le signalent eux-mêmes.

Ce qui tient sans réserve, c'est le premier constat : le collier n'achète ni vitesse ni fiabilité, alors qu'on le présente volontiers comme le recours sérieux quand le reste a échoué. En revanche, l'essai ne dit rien de la progression de ces chiens : il n'a pas mesuré leur rappel avant l'entraînement, il a seulement comparé les groupes entre eux. Il renseigne sur un format de travail, deux séances d'un quart d'heure par jour, pas sur ce qu'on obtient au bout d'un mois.

Reprendre le rappel dès la prochaine sortie

Changer de mot

Un mot usé ne se répare pas, il se remplace. Choisissez-en un jamais employé, court et facile à crier, et ne l'utilisez au départ que dans des situations où le chien serait revenu de toute façon. On ne le dépense pas pour tester, on le charge.

Passer par la longe

Une longe de cinq à dix mètres est le palier qui manque à la plupart des rappels : elle permet d'appeler en sachant que le chien reviendra, donc de ne jamais enseigner l'inverse. Elle se tient souple, traînée au sol ou sans tension, et ne sert jamais à ramener le chien de force : cela ferait du retour une contrainte. S'il arrive au bout et tracte, c'est un autre chantier, celui de la marche en laisse détendue et de ses blocages, à traiter séparément.

Monter la distraction d'un cran à la fois

Une distraction se choisit, elle ne se subit pas. Un chien qui revient à coup sûr dans un champ vide ne reviendra pas avec un congénère à vingt mètres. L'étape intermédiaire consiste à s'organiser une distraction prévisible : un chien connu, à une distance que vous fixez, avec quelqu'un qui tient le sien pendant que vous appelez le vôtre. C'est ce genre de rendez-vous que Doug sert à trouver, en repérant près de chez vous des propriétaires disponibles pour une balade à deux chiens. Sans application, n'importe quel voisin avec un chien calme fait l'affaire, à condition que vous choisissiez la distance.

Si l'arrivée d'un congénère déclenche des aboiements en laisse, traitez cette question avant le rappel : un chien qui réagit bruyamment à la vue des autres chiens n'est pas en état d'apprendre à cette distance.

Les jours où il vaut mieux ne pas appeler

Un rappel se travaille, mais il se gère aussi. Si le chien est déjà parti derrière un lièvre, appeler coûte cher : vous dépensez le mot sans retour et vous l'affaiblissez pour les semaines qui viennent. Mieux vaut se taire, se rapprocher, et garder la longe la prochaine fois. Un chien fatigué, un lieu nouveau, une saison de chasse ou un troupeau à proximité ne sont pas des conditions d'entraînement, ce sont des conditions de gestion.

Cette gestion a une dimension réglementaire : la liberté laissée hors de la laisse dépend de la capacité du chien à rester sous contrôle, une notion que la réglementation française sur la promenade sans laisse définit précisément.

Dernier repère : un rappel solide se compte en mois et connaît des reculs. Qu'un chien revienne moins bien un mois donné ne veut pas dire que le travail est perdu, mais qu'il faut redescendre d'un cran. Si les échecs s'accompagnent de fuites répétées ou de réactions vives envers des personnes ou des animaux, faites-vous accompagner par un professionnel de l'éducation canine.

Source consultée

Frontiers in Veterinary Science, Efficacy of Dog Training With and Without Remote Electronic Collars vs. a Focus on Positive Reinforcement
social

Vous avez trouvé cet article utile ?

Partagez-le sur les réseaux pour que d'autres propriétaires de toutous puissent le lire.

App screen

Vous souhaitez socialiser votre toutou ?

Téléchargez dès maintenant et gratuitement notre application pour organiser et participer à des balades canines près de chez vous !

App storePlay store

Catégories

© Doug

Le partenaire de vos balades canines

Règles de confidentialitéCookiesMentions légalesConditions d'utilisation