|

Mon chien lève la patte tous les trois mètres : ce qu'il laisse, et ce qu'il lit

Doug

Auteur

Doug

Temps de lecture

5 minutes

Berger allemand qui renifle longuement l'herbe au bord d'un chemin pendant sa promenade

Trouvez avec qui promener votre chien

Doug réunit les maîtres du quartier pour des balades en groupe. Gratuit.

Un chien qui s'arrête à chaque poteau ne délimite pas un territoire. Il dépose un message et il lit ceux des autres, ce qui explique pourquoi il marque surtout là où il n'est jamais allé, et pourquoi la même sortie peut compter trente arrêts un jour et cinq le lendemain. Savoir ce qu'il écrit change la façon d'organiser la promenade, et permet surtout de repérer le moment où ces arrêts ne relèvent plus du tout de la communication.

Marquer et se soulager sont deux gestes différents

La première miction de la sortie vide la vessie : une quantité importante, un seul arrêt, souvent sur l'herbe ou au pied d'un muret, puis le chien repart. Ce qui suit n'a plus grand-chose à voir. Le marquage dépose de très petites quantités, parfois quelques gouttes, parfois rien du tout parce qu'il ne reste plus rien à déposer, et il vise des supports précis : objets verticaux, angles de mur, poteaux, pieds d'arbre, touffes d'herbe en bordure de chemin. Un chien peut marquer dix fois en vingt minutes sans avoir réellement besoin d'uriner.

Le détail qui trompe le plus : le marquage suit le plus souvent une phase de reniflement. Le chien explore d'abord, longuement, puis décide ou non de répondre. S'il renifle et repart sans lever la patte, il a lu sans écrire. Ce n'est pas un arrêt pour rien, c'est la moitié normale du comportement.

La hauteur de la marque n'est pas un détail

Une marque déposée haut sur un support vertical cumule plusieurs avantages supposés : elle se diffuse mieux, elle est moins vite lavée par la pluie qui ruisselle vers le bas, et elle reste à hauteur de nez des chiens qui passeront ensuite. Elle dit aussi quelque chose de celui qui l'a laissée, puisqu'il faut une certaine taille pour atteindre une certaine hauteur.

C'est là que le comportement devient intéressant. En mesurant l'angle de la patte levée chez des mâles de gabarits très variés, des chercheurs ont observé que les plus petits lèvent la patte proportionnellement plus haut que les grands, et qu'ils marquent aussi plus souvent. Deux explications sont avancées, aucune n'est tranchée : la marque haute ferait paraître son auteur plus imposant qu'il ne l'est, ou le petit chien chercherait simplement à recouvrir celle d'un chien plus grand passé avant lui. Dans les deux cas, ce n'est pas une frontière qui se trace. C'est une façon de se présenter sans rencontrer personne, et cette communication à distance évite probablement un bon nombre de confrontations.

Il marque surtout là où il n'habite pas

L'idée du territoire n'est pas absurde partout : chez des chiens qui vivent en groupe et sans maître, les marques se concentrent aux abords de la zone occupée et pèsent dans les conflits de voisinage. Un chien de famille promené en laisse n'est pas dans cette situation, et son comportement va plutôt dans l'autre sens. Il marque peu dans son jardin, qu'il connaît par cœur, et beaucoup dans un quartier nouveau, sur un chemin emprunté pour la première fois, ou à l'endroit précis où un congénère vient de passer. La nouveauté et la présence d'odeurs étrangères pèsent davantage que la proximité du domicile.

Cela se vérifie d'une sortie à l'autre. Un itinéraire inchangé depuis deux ans produit peu d'arrêts, un détour de deux rues en produit beaucoup. L'information est utile quand on cherche un chien réellement occupé au retour, et elle rejoint ce qui fatigue vraiment un chien en promenade : varier le parcours agit davantage que rallonger le même.

Les femelles marquent aussi, et la stérilisation ne règle pas tout

Le marquage est souvent présenté comme une affaire de mâle entier. C'est inexact. Les femelles marquent, stérilisées ou non, parfois en levant la patte, plus souvent par accroupissements brefs et répétés sur des supports choisis. Les mâles castrés marquent également. La stérilisation réduit nettement le marquage chez une bonne partie des chiens, mais elle ne l'efface pas, et son effet ne se prédit pas : ni l'âge du chien au moment de l'opération, ni le nombre d'années pendant lesquelles il a marqué n'annoncent le résultat. Un chien qui marque depuis longtemps n'est donc pas un cas perdu, et un jeune chien castré n'est pas assuré de s'arrêter.

Un changement brutal de fréquence mérite en revanche attention. Un chien qui se met à marquer dans la maison alors qu'il y était propre répond en général à quelque chose de précis et de récent : un nouvel animal dans l'immeuble, un déménagement, l'arrivée d'un bébé, des travaux, des horaires bouleversés. Chercher l'événement est plus productif que chercher la punition, qui n'apprend rien au chien sur ce qu'il devrait faire à la place.

Quand les arrêts rendent la promenade impossible

Le problème n'est presque jamais le marquage en lui-même, c'est sa collision avec le temps dont vous disposez. Tirer sur la laisse au milieu d'un reniflement est la réponse la plus naturelle et la moins efficace : le chien s'arc-boute, la traction devient un signal d'opposition, et vous obtenez un chien qui se bloque et ne repart plus.

Ce qui fonctionne tient en une idée : découper la sortie au lieu de négocier à chaque poteau. Une portion où le chien décide, laisse longue, arrêts libres, odeurs à volonté. Une portion où il avance à côté de vous, annoncée chaque fois par le même mot, dit avant de couper l'arrêt et non pendant. Au bout de quelques jours, le mot suffit, parce que le chien a appris qu'il annonce un changement et non une privation définitive. Une précision pratique : les zones les plus marquées sont aussi les plus fréquentées, donc celles où il est le plus tentant de ramasser et avaler ce qu'il trouve au sol. Laisser renifler ne veut pas dire cesser de regarder.

Les signes qui justifient un appel au vétérinaire

Certains arrêts n'ont rien à voir avec la communication, et ceux-là ne se laissent pas gérer par l'organisation de la balade. Un chien qui se met en position et pousse sans rien émettre, qui multiplie les tentatives en ne produisant que quelques gouttes à chaque fois, qui se lèche les parties génitales plus que d'habitude, ou dont l'urine paraît teintée, doit être vu. L'effort pour uriner sans résultat est une urgence : il ne s'observe pas jusqu'au lendemain.

Même réflexe pour un adulte propre depuis des années qui se remet soudainement à uriner à l'intérieur. La première hypothèse à écarter est médicale, pas éducative, et elle s'écarte par un examen, pas par une période d'essai. Rien de ce qui est décrit ici ne remplace cette consultation.

Source consultée

Cornell Chronicle, Small dogs aim high
social

Vous avez trouvé cet article utile ?

Partagez-le sur les réseaux pour que d'autres propriétaires de toutous puissent le lire.

App screen

Vous souhaitez socialiser votre toutou ?

Téléchargez dès maintenant et gratuitement notre application pour organiser et participer à des balades canines près de chez vous !

App storePlay store

Catégories

© Doug

Le partenaire de vos balades canines

Règles de confidentialitéCookiesMentions légalesConditions d'utilisation