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Mon chien mange de l'herbe : non, il ne se purge pas

Doug

Auteur

Doug

Temps de lecture

6 minutes

Un chien fauve à poil dur se tient dans une herbe haute, la langue sortie, pendant une balade

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Un chien qui broute en promenade fait quelque chose de banal, et ce n'est presque jamais une automédication. L'explication la plus répétée, celle de la purge, est aussi la plus fragile : la grande majorité des chiens qui mangent de l'herbe ne vomissent pas ensuite, et ne montrent aucun signe d'inconfort avant de commencer. Ce qui mérite votre attention n'est donc pas le geste lui-même, mais la façon dont votre chien s'y prend, le moment où il le fait, et l'endroit où il le fait.

Pourquoi l'idée de la purge ne tient pas

Le raisonnement habituel va dans ce sens : le chien se sent mal, il cherche de l'herbe, il vomit, il va mieux. Si c'était le mécanisme, on devrait observer un inconfort avant le broutage et un vomissement après, presque à chaque fois. C'est l'inverse qui s'observe sur le terrain. Un chien qui broute le fait généralement en pleine forme, et la plupart du temps il ne se passe rien ensuite.

D'où vient alors la conviction ? D'un biais d'observation très simple. Le broutage passe inaperçu les jours ordinaires : votre chien met le museau dans l'herbe à longueur de sortie, vous n'y prêtez pas attention. Le jour où il vomit, la séquence remonte d'un coup à la mémoire, et le lien se fait. Vous ne comptez que les fois où les deux événements coïncident, jamais les dizaines de fois où le premier a eu lieu sans le second.

Ce que cette explication vous fait manquer

Croire à la purge a un coût pratique : elle range tous les broutages dans la même case, alors que le comportement en recouvre plusieurs. Elle rassure quand il faudrait regarder de plus près, et elle inquiète quand il n'y a rien à voir. Surtout, elle détourne l'attention du seul paramètre qui compte vraiment pour la santé de votre chien en balade : la nature du terrain sur lequel il broute.

Quatre façons de manger de l'herbe

Le même mot recouvre des scènes très différentes. Les distinguer demande dix secondes d'observation, pas un diagnostic.

Le brouteur sélectif

Il renifle, il écarte, il choisit des pousses précises, souvent jeunes et tendres, en bordure de chemin. Il mâche, il avale calmement, il repart. Cela dure quelques secondes et se répète quelques fois par sortie. C'est la forme la plus courante, et elle ne demande rien d'autre que de vérifier où il picore.

L'avaleur pressé

Celui-ci ne trie pas. Il tond de grandes touffes à toute vitesse, avale sans mâcher, parfois en tirant sur la laisse pour atteindre le talus. Vous pouvez voir, avant ou pendant, des déglutitions dans le vide, un léchage de babines insistant, de la bave plus abondante que d'habitude, une posture de chien qui s'étire vers l'avant. Cette combinaison de signes, et non le broutage seul, mérite d'être notée et racontée à votre vétérinaire si elle revient.

Celui qui ramasse tout

Ici l'herbe n'est qu'un élément parmi d'autres : il avale aussi des cailloux, des morceaux de bois, du plastique, des mégots, du tissu. Ce profil ne pose pas une question digestive mais une question de sécurité immédiate en promenade, parce que certains de ces objets ne ressortent pas seuls. C'est le seul des quatre qui justifie une vigilance de tous les instants pendant la sortie.

Le brouteur de désœuvrement

Il broute quand la balade s'arrête : quand vous discutez, quand vous téléphonez, quand la sortie se réduit à un aller-retour au bout de la rue. Le même constat se fait souvent à l'inverse, le comportement s'espaçant les jours où la promenade est longue et riche en reniflement. Si ce portrait vous parle, il vaut la peine de reconnaître les autres signes de l'ennui plutôt que de traiter le broutage isolément.

Le risque est sur l'herbe, pas dans l'herbe

L'herbe en elle-même n'a rien de toxique, et les chiens la consomment comme le font aussi leurs cousins sauvages, chez qui le comportement s'observe couramment. Ce qui peut poser problème se trouve dessus ou dedans. Deux catégories de risques se distinguent, et aucune ne dépend de l'herbe elle-même.

Les produits de traitement d'abord : herbicides, engrais, antiparasitaires agricoles. Les bordures de parcelles cultivées, les pelouses privées récemment traitées et certains accotements de route entrent dans cette catégorie, et rien ne les distingue à l'œil d'une prairie ordinaire. Le seul indice fiable reste le contexte du lieu, pas l'aspect de l'herbe.

Les parasites ensuite. Une pelouse très fréquentée par d'autres chiens concentre les déjections et, avec elles, des formes infestantes de vers digestifs qui se ramassent en broutant ou en reniflant au ras du sol. Ce n'est pas un argument pour éviter les espaces partagés, c'est un argument pour tenir à jour le protocole antiparasitaire que votre vétérinaire a fixé pour votre chien.

À cela s'ajoute, l'été, l'herbe sèche et montée en graines, dont les épillets s'accrochent entre les coussinets, dans les oreilles et dans les narines. Ils n'ont rien à voir avec l'ingestion, mais ils fréquentent les mêmes terrains.

Les signes qui changent la question

Manger de l'herbe n'est pas un symptôme. En revanche, certains signes qui l'accompagnent justifient un avis vétérinaire sans attendre la sortie suivante : des vomissements qui se répètent sur la journée, un chien abattu qui refuse sa gamelle, un abdomen tendu et douloureux au toucher, des efforts de vomissement qui ne produisent rien, du sang dans les vomissements ou les selles, une consommation d'herbe qui devient soudaine et massive chez un chien qui n'en mangeait pas. Aucun de ces signes ne se diagnostique depuis un article : ils servent à décider d'appeler, pas à conclure.

Ce que vous pouvez changer dès la prochaine sortie

Trois ajustements simples, dans l'ordre d'efficacité. Choisissez d'abord vos terrains : une prairie en pleine nature, un parc public, un chemin forestier ne présentent pas les mêmes risques qu'une bordure de champ cultivé. Allongez ensuite le temps de reniflement plutôt que la distance, car un chien à qui l'on laisse le temps d'explorer a moins de raisons de brouter par désœuvrement qu'un chien tracté d'un bout à l'autre du trajet ; c'est aussi ce qui rend la marche en laisse détendue plus facile à obtenir. Travaillez enfin la reprise de contact à distance, pour pouvoir interrompre un ramassage douteux sans courir après votre chien : c'est exactement ce que permet un rappel qui tient en extérieur.

Varier les lieux demande d'en connaître plusieurs, et c'est souvent le point de blocage quand on tourne autour du même pâté de maisons. Doug sert à cela : repérer des balades autour de chez soi et les faire avec d'autres maîtres, ce qui règle au passage la question du chien qui broute faute de mieux à faire.

Dans l'immense majorité des cas, vous n'aurez rien d'autre à faire que de regarder votre chien brouter tranquillement trois pousses au bord du chemin, puis repartir. C'est un comportement de chien, pas un symptôme, et il ne demande une réaction que le jour où il change de forme.

Source consultée

VCA Animal Hospitals, Why do dogs eat grass
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